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by CloudWines

L’importance de l’étiquette

Ogereau

 

De nos jours, l’étiquette sert toujours de carte de visite d’un vin, posant en quelque sorte sa marque d’identification. A partir du moment où un vin est étiqueté, autrement dit signé par un producteur ou un metteur en marché, il devient une marque identifiable par le consommateur. Certains signes de cette marque apparaissent sur l’étiquette pour l’identifier et c’est donc l’étiquette qui est imitée en premier lieu quand il y a volonté de frauder. En faisant une fausse étiquette, on fraude la marque et son propriétaire et on dupe le consommateur.

 

 

Mais l’étiquette a aussi deux autres fonctions de nos jours. La première est de répondre à des exigences d’ordre légal. On doit non seulement pouvoir  identifier le metteur en bouteille d’une substance comestible, mais aussi connaître le volume de liquide, le taux d’alcool, le pays d’origine, et, le cas échéant (ce n’est pas toujours obligatoire), le millésime et/ou la région d’origine, ainsi que d’autres mentions imposées par des législations locales. Le deuxième est d’informer le consommateur quant au type et style de vin contenu dans la bouteille. C’est là où le bat blesse trop souvent. Je pense à l’Alsace où l’on ne sait que trop rarement si le vin sera sec ou non, par exemple. En revanche l’Alsace est une des rares régions française à informer systématiquement le consommateur quant au cépage du vin.

 

La mention du cépage est une pratique relativement récente sur les étiquettes, car, avant le phylloxera, on ne s’en souciait guère, d’autant plus que, dans la plupart des régions de production, les vignobles étaient complantés de nombreuses variétés dont bon nombre a depuis disparu.  C’est le Nouveau Monde, et surtout les Etats-Unis dans les années 1930, qui a introduit la pratique de mettre le nom du cépage bien en évidence sur une étiquette de vin pour guider le consommateur. Sur la Côte Est,  la plupart des producteurs américains utilisaient des noms de régions ou types de vin européens pour identifier et vendre leurs vins : on trouvait donc des « Californian Burgundy », « Californian Port » etc. Puis on a suggéré de mettre le nom du cépage sur l’étiquette au lieu d’usurper les noms européens. Et cela avec une certaine logique car chaque cépage donne un certain spectre de saveurs, autant que le lieu d’origine, et parfois davantage. Il est très difficile, même pour des professionnels aguerris, d’identifier avec certitude une région d’origine dans une dégustation à l’aveugle, à climat comparable en tout cas. Tandis qu’identifier un cépage est généralement plus facile.

 

En France, rien (sauf cas spécifique lié à une règle locale de certaines appellations) n’empêche un producteur de mettre le nom du cépage sur une étiquette d’un vin d’appellation, et cela est même de plus en plus pratiqué, surtout pour des vins destinés à l’export. J’ai vu récemment, lors d’une dégustation d’anjou blancs, une étiquette que je trouve exemplaire en matière de clarté et d’information. Elle provient du Domaine Ogereau et indique, sous le nom du domaine et en grandes lettres, ANJOU EN CHENIN, sous-titré Chenin, Val de Loire. Tout y est, cépage, appellation et région. Peu de gens à, en dehors de la France, savent qu’Anjou se situe en Val de Loire alors que la Loire est par ailleurs bien connue (les châteaux etc). Et peu de gens savent que le chenin est le cépage unique des vins blanc d’Anjou. Donc le consommateur est informé et l’appellation est projetée en dehors d’un petit cercle d’initiés. Messieurs et Mesdames les vignerons, regardez vos vins, et vos étiquettes, avec les yeux de quelqu’un qui vit ailleurs qu’en France !

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